titrereg

titactu
pp


Au pays de la platitude


Molière

Warum schreibst du das auf Französisch ? Glaubst Du,
dass in fünf Jahren das noch jemand lesen kann ?
Jedenfalls kein deutscher Abiturient !
(Une enseignante qui a lu l'article ci-dessous)
 


1. Ce qui reste de Molière

 

Une semaine après le baccalauréat 2007, premier bac central en Rhénanie-Westphalie, on peut se faire une première idée, idée pourtant assez concrète, des conséquences de la bien malheureuse décision d’installer un examen standardisé pour tous les lycéens, décision due à une réaction hystérique à l’étude PISA. Ne parlons pas des gaffes commises par les auteurs du test allemand – qui avaient présenté aux candidats un texte qui prête à confusion – ou des abominables fautes que comportait le test en sciences naturelles : des choses pareilles peuvent arriver quand on va vite. Reste à se méfier des élaborations de gens qui ne sont peut-être pas à la hauteur de leur tâche. En première ligne, il s’agit des défauts inhérents à l’idée de vouloir prescrire la façon de lire un texte – littéraire, surtout – et d’y répondre.

On sait que n’importe quel texte a toujours deux auteurs : celui qui l’a écrit et celui qui le lit. La lecture est un acte créatif ; et cela est tellement évident qu’il n’est même pas la peine de citer les nombreux auteurs qui ont insisté sur ce fait. Vouloir fixer – dans les détails – le résultat d’une lecture revient donc à la tentative de mettre la mer dans une petite bouteille. Les auteurs du baccalauréat central étaient trop avisés pour tomber corps et âme dans ce piège que leur ont tendu les ardents défenseurs de la standardisation. Une petite échappatoire, sous forme d’une formule salvatrice et également standardisée « Le candidat remplit un autre critère concernant la tâche », est laissée dans la liste des devoirs. Reste à savoir si ce petit trou par où souffle le vent de la liberté tant nécessaire à l’intelligence suffit pour sauver et l’élève et l’examinateur. On verra.

Premier indice, néanmoins : la tâche créative est absente de toutes les propositions et remplacée par une comparaison du texte présent et du texte que les élèves ont lu en classe.

Beaucoup de textes ne se prêtent que difficilement à un examen qui prétend pouvoir distinguer entre le vrai et le faux. Car c’est bien là que réside le problème : les auteurs du test doivent être capables de définir la bonne réponse. Or, prenons un cas comme l’Alceste du Misanthrope : ou c’est un personnage qui fait rire le public contemporain de Molière, ou c’est un « véritable homme de bien » comme l’a vu Rousseau (qui n’était pas un idiot) cent ans après. Ou Molière a écrit une comédie – et il est pensable, n’est-ce pas, qu’il ait cru d’en avoir écrit une – ou une tragédie, comme l’a cru Goethe. C’est l’un ou l’autre, et l’ambiguïté est l’ennemi juré de tout examen standardisé ; dommage que les écrivains français ne jouent pas le jeu. Déjà le choix du sujet s’avère être un vrai risque où l’univoque l'emporte toujours, pour cause de sécurité.

Choisir L’Avare (acte V, scène 3), ce n’est donc pas simplement parce que c’est un texte facile, mais parce que l’élève, pense-t-on, ne pourra pas se tromper. C’est comique, un point c’est tout. Ah bon. Et pour plus de sûreté, on demandera au candidat d’analyser « les éléments comiques de cette scène ». Parce que là, miracle, l’élève pourra débiter tout ce qu’il a appris sur « le comique des mots » et « le comique des caractères », des choses qui ne font pas vraiment avancer la compréhension d’un auteur plus compliqué qu’il ne paraît, mais qui font se pâmer d’aise des générations de professeurs. En effet, c’est une question qu’on a posée déjà dans les années cinquante, je me rappelle bien. C’est ça, l’immortalité.

Le malheureux qui était donc obligé de détailler longuement le malentendu entre Harpagon et Valère, chose qui crève les yeux, se voit confronté, par la suite, à la tâche de faire le portrait des deux interlocuteurs : « Caractérisez Harpagon et Valère ». Malgré le verbiage du catalogue des réponses attendues, on ne veut que l’élève dise que le premier est avare (et par conséquent méfiant) et le deuxième un amant comme il faut, amoureux, mais pas bête. C’est l’évidence même, et personne ne doit réfléchir à la question pourquoi Molière a pris pour cible l’avarice (pour être plus exact : le capitalisme primaire), quels changements ce vice provoque dans la personnalité du protagoniste, et ce que cela signifie pour le rôle qu’il joue dans la société du 17e siècle (ce qui donnerait une explication du comique, non seulement la petite monnaie de quelques termes techniques). Ah non, ils n’en veulent pas de cette question trop difficile, les poseurs de questions : hélas, il faudrait parler de l’honnête homme, de la situation de la bourgeoisie (du tiers état) sous Louis XIV, du marchand de Venise, des pères Poquelin voire Grandet et du trésor où se baigne tonton Picsou. C’est ben trop compliqué, fi donc.  Car, malgré les apparences, L'Avare  est  une  comédie  difficile.

Allons donc voir notre chère cassette et passons vite à la dernière question : « Jugez, après avoir lu cet extrait, si Molière, par ses comédies, a atteint son objectif de ‘plaire et instruire’ en vous basant aussi sur vos connaissances de son œuvre ». Même si on sait que la fameuse formule justificative de « plaire et instruire » n’est pas seulement propre à Molière, même si on sait que L’Avare n’a pas plu au public de 1668, cette dernière question est la meilleure, car elle permet d’approfondir l’analyse, pas du texte présent – par exemple, l’élève ne pourra jamais déduire, avec la seule connaissance de la scène V,3, que Harpagon est un « homme tragique » – , mais de l’œuvre de Molière en général. Il est à craindre que les élèves ne fassent que reproduire ce qu’ils ont appris avec un bon professeur, mais c’est déjà ça.

Pour le reste, cette interrogation évite soigneusement de gratter à la surface et d'inquiéter les jeunes lecteurs. Et c’est ainsi que Molière disparaîtra de leur mémoire, un auteur lu, mais resté inconnu, un étranger pour les jeunes du 21e siècle. Tout ce travail où ils donnent sagement les réponses qu’on attend d’eux, n’a servi qu’à les dégoûter de la lecture dans laquelle ils n’ont jamais été impliqués. Dans les temps qui courent, on pourrait cependant leur demander ce qu’ils pensent de l’importance de l’argent, en pensant aux managers qui empochent des millions pour avoir ruiné, « délocalisé » une entreprise et de comparer ces braves gens, qui tirent toujours leur épingle du jeu, au pauvre Harpagon qui se fait du souci pour sa petite cassette – comparer en connaissance de cause, évidemment, et de toutes les différences historiques. On aurait pu amener les élèves aux questions qui les concernent, par le choix d’un autre extrait peut-être, de L’Ecole des femmes, du Misanthrope, des Femmes savantes, il y en a tant. Cet écrivain classique aurait bien des choses à nous dire pourvu qu'on le laisse parler. Autre solution : accoupler des pièces « voisines » : Le Bourgeois gentilhomme au programme et Les Précieuses ridicules à l'examen ;  L'École des femmes et Les Femmes savantes ; Le Misanthrope et Dom Juan. Mais pour ce faire, il aurait fallu y penser plus tôt.

Eh oui, parlons du programme. Pourquoi les élèves, du moins ceux du Leistungskurs, n'apprennent-ils pas un traître mot de Montesquieu, de Voltaire, de Rousseau, de Diderot ? Comment veut-on qu'ils comprennent les conflits du monde d'aujourd'hui sans connaître ceux-là ?

L'objectif de l'école n'est pas de savoir passer un examen, mais de savoir participer à une culture. Cela s'oublie vite quand on « standardise ». Les contenus ont tous la même valeur, deviennent indifférents, monnaie d'échange contre une note. C'est ainsi qu'on met la littérature dans la prison d'un test du prêt-à-penser.

 

 

2. La banalité bien-pensante

 

Avoir choisi Ben Jelloun comme plat principal d’un Leistungskurs, ça frise le je-m’en-foutisme. Ou le cynisme, c’est selon. Non, on ne dira vraiment rien contre les louables intentions de cet écrivain, qui, dans ses romans, ne cesse de répéter la même leçon d’intégration. C’est du politiquement correct sous forme de littérature ; quand on a lu dix pages, on connaît tout le reste. Le texte qu’ont reçu les candidats ne fait pas exception : il s’agit d’un jeune Marocain, immigré en Belgique, qui doit écouter le sermon d’un « alem » prêchant la supériorité de l’homme sur la femme : c’est la fête des redites et, puisque la majorité des élèves du Leistungskurs est féminine, on peut être sûr de la réaction. Les auteurs de cette proposition ont dû se dire que ce coup ne ratera jamais. On va les aimer !

Et puisque les poseurs des questions sur l’extrait avaient la ferme intention de se surpasser, ils s’attendent à ce que l’élève « constate que l’alem parle du rôle de la femme dans la culture musulmane » et qu’il est contre « l’influence du monde occidental » et si cela ne suffit pas, l’élève doit expliquer dans « l’analyse » que c’est un point de vue traditionaliste et que l’alem trouve que le monde occidental est un danger. Vous n’en avez pas marre encore ? Eh bien, expliquez alors dans la deuxième partie de « l’analyse » que Ben Jelloun décrit ici un « milieu traditionaliste », et pour mettre les points sur les i, vous parlerez encore une fois des opinions traditionalistes de l’alem dans votre réponse à la question 4 puisque vous les comparerez aux opinions pas tellement traditionalistes de la narratrice des Raisins de la galère, qui, Dieu soit loué, sont tout le contraire des opinions traditionalistes de l’alem.

Des spécialistes nous diront si cette idée est vraiment une tradition de l'islam ou non. Ce n'est certainement pas l'idée que Ben Jelloun se fait de sa religion.

L'auteur du catalogue des « réponses justes » est obsédé par une idée fixe. Pour lui, il est clair que Jelloun ne veut qu'une seule chose : prendre ses distances avec l'islam « traditionaliste ». C'est pourquoi il mélange description et jugement dans son catalogue. Il parle de « exagération », de « cliché », de « répétition stéréotypée » sans prendre en considération que la critique de l'alem a aussi du vrai : « Regardez les murs de Bruxelles, on appelle ça de la réclame : des filles presque nues montrent leur derrière pour vanter les qualités de je ne sais quelle voiture ! » Si Jelloun n'avait voulu que dénoncer l'islam, même traditionaliste, il n'aurait certainement pas donné à l'alem cet argument juste. Ce n’est qu’une nuance ; cependant il reste vrai que cette « analyse » octroyée par le ministère est partielle et déséquilibrée. Mais son auteur a le pouvoir d'imposer son opinion à l'aide d'un système de points, tant pis pour les élèves intelligents qui voient les choses différemment. La chrétienté, après Luther, était déjà plus avancée. Depuis 1522, chacun avait le droit de lire la Bible comme bon lui semblait. A partir du bac central, la compréhension est devenue une affaire du pouvoir.

lecture_imposeeCela est profondément anti-démocratique, d’autant plus que les auteurs du catalogue se sont retirés dans l’anonymat et se refusent à la discussion scientifique. Chacun a le droit de lire un livre à sa façon et de dire ce qu’il en pense – pas des bêtises, bien sûr. Une lecture basée sur le texte, pertinente, plausible et cohérente est tout ce qu’on peut attendre d’un élève. Et au contraire des auteurs du catalogue des réponses « justes », il est obligé de signer son texte à lui par son nom.

Encore une fois : rien contre les bonnes intentions de Jelloun. C’est un homme digne de respect. Il a raison en disant à ses compatriotes que l’Europe, c’est une chance pour eux qui deviendront citoyens à part entière tout en restant musulmans. En tant que romancier, dommage, il est médiocre, mais pas si pauvre que l'image que l'auteur du test a de lui.

Ne critiquez pas cet examen. Il est exigeant. Si l’élève obéissant à la consigne n’a pas besoin de savoir grand-chose, il doit tout de même réussir à camoufler le fait qu’il répète interminablement la même petite idée (fixe). Et cela n’a pas honte de s’appeler « analyse » - L’élève est obligé à un tour de force qui lui apprendra à temps qu’on peut pérorer sans rien dire et que ça vaut toujours mieux que de dire ce qu'on pense après mûre réflexion. Il il saura, en quittant le lycée, que la nullité est le standard et qu’on la nomme « Qualitätssicherung » (contrôle de qualité). Que ce soit de la fraude, rien d’autre, on s’en balance, tout le monde est content de s’être tiré à si bon compte de cette corvée.

Pendant de longues années, on a reproché au français d’être une matière difficile ; voilà la preuve du contraire et vous rouspétez toujours ? Oui, parce qu’on peut ruiner une matière de deux façons : soit en demandant l’impossible, soit en la rendant tellement facile qu’elle perde tout intérêt. Tout élève doté d’une intelligence normale doit regretter les deux années pendant lesquelles il s’est préparé à un examen qui lui fait comprendre que ses efforts étaient superflus.     La leçon qu’en tireront professeurs et
élèves sera désastreuse.

Selon des cercles bien informés, on ne rougit pas, au ministère.

Petite remarque hors texte et hors possibilité de le faire en cours : la seule façon honnête de traiter la misogynie musulmane serait de la comparer à notre propre littérature. Je recommande le Malleus Maleficarum, vous serez ravis !

 

 

3. La simplicité trompeuse

 

Pour le Grundkurs, on a choisi d’abord le texte d’une interview de 1991 : elle n’est pas de toute première fraîcheur, mais ça peut aller, parce que le problème qu’on y traite, est resté, comme le prouvent les émeutes de 2005 ou, plus récemment, les incidents à la Gare du Nord. Quand il lit un tel texte non-littéraire, l’utilisation que le lecteur normal en fait, c’est celle de se faire une opinion. Il veut d’abord savoir ce que pense le jeune Nasser, un Maghrébin qui ne nie pas ses origines mais qui se sent Français et se trouve parfaitement intégré, ensuite comparer les dires de l’interviewé à ses propres connaissances pour finalement arriver à un jugement fondé sur une question préoccupante de la politique française et qui a joué un rôle important dans les campagnes des candidats aux élections présidentielles. Rien qu’à entendre le candidat de l’UMP, qui avait voulu nettoyer les banlieues au Karcher et qui, pendant ses dernières réunions, a conseillé aux beurs mécontents de s’en aller si cela ne leur plaisait pas, on s’aperçoit qu’un tel témoignage d’intégration réussie peut être utile pour appaiser les esprits.

Ce serait donc l’usage naturel qu’un lecteur ferait d’un tel texte, mais il présuppose évidemment que le lecteur ait de telles connaissances, que les élèves aient parlé en classe de Clichy-sous-Bois et les conséquences, des manifestations lors du CPE, des contrôles d’identité arbitraires, des casseurs de vitrines, des incendiaires etc. Or, rien n’est moins sûr. Malgré les facilités offertes par la télévision via satellite, Arte et TV5, l’actualité française est souvent absente des salles de classe. Et les auteurs du test le savent bien. C’est pourquoi ils renoncent tout de suite à la seule opération raisonnable et offrent à la place une comparaison avec « les expériences de Nadia, le personnage principal du roman ‘Les raisins de la galère’ de Tahar Ben Jelloun ». Cela ne fait pas de sens, est au moins maladroit, puisque Nadia, comme Nasser, se dirait bien intégrée ou au moins bien adaptée ; les élèves qui ne connaissent que ces deux exemples, resteront alors bouche-bée devant les nombreux accrochages dans les rues et se demanderont de quoi ils se plaignent, ces immigrés ; car, finalement voilà deux témoins qui se sont débrouillés, eux. Cet état de choses jette le doute sur l’utilité d’un texte pareil, même à l’occasion d’un examen.

Reste que les questions de compréhension sont terriblement laborieuses et que l’analyse n’est pas une analyse, mais de la compréhension. Si l’on veut analyser ce genre de textes, on peut demander par exemple, pourquoi le journaliste a posé telle question et non une autre, et par la suite, quelle est la vision du monde actuel transmise par les média – ce serait un savoir extrêment utile à la génération de demain. Comme partout dans cet examen du baccalauréat, ils n’ont pas osé.

 

 

4. Une réussite : l’analyse de « L’enfant de Noé »

 

Il n’y a rien à dire : c’est ce qu’il faut. Le texte offre des parallèles avec un film que les élèves ont vu, l’analyse ( « Expliquez comment évolue la tension qui règne dans cette scène » ) est une analyse et les réponses qu’on attend des candidats sont décrites avec précision (bien que, en général, ces élucubrations soient superflues, même nuisibles).

Pour résumer : le Grundkurs est beaucoup mieux loti que le Leistungskurs.

Mais 1 à 3, ce n'est pas un score brillant !

Et la conception du bac central souffre d'un défaut de construction qu'il est grand temps de corriger : il est nécessaire de remplacer le catalogue fallacieux des « réponses justes » par un catalogue des compétences de lecture – et de production –  que l’élève est censé de savoir utiliser. Qu’on ne se trompe pas : c’est un objectif qui exige des années de travail scientifique et pédagogique.

reagir

 




Es ist vollbracht!! Habe gestern meine 19 LK Arbeiten in die Hände
eines unbekannten Zweitprüfers gegeben und beschlossen, meinen
Kummer zu ersäufen, habe mir zu diesem Behufe Caipirinhas gemixt,
aber leider wurde mir davon schlecht, bevor die Wirkung einsetzte,
und ich musste mich mit einigermaßen klaren Kopf meinen Abendland-
Untergangs-Fantasien stellen. Jeder, der auch nur einen Griffel halten
konnte, hat eine 1 oder 2 geschrieben. Allerdings musste ich mich,
wie befürchtet, furchtbar anstrengen, den zwei wirklichen Einsern ihre
rechtmäßige Note zu verschaffen, denn die haben Feinstarbeit in
Bereichen geleistet, für die es eben keine oder nur wenig Punkte gab,
und nicht immer und immer wieder diese Banalitäten breitgetreten,
die erwartet wurden, weil sie sie für selbstverständlich hielten (womit
sie auch recht hatten, denn warum sollte man schon in Teilaufgabe 1
die zusammenfassende Einleitung zum Romanauszug nochmals
zusammenfassen? Wie macht man das überhaupt ? Wer rechnet denn
mit sowas ???? Ach, ach, wenn das die Erwartungen der Zukunft
werden, dann kann ich, gaube ich, nicht mehr unterrichten.

Es ist traurig.
E.K.
La lettre à côté souligne un problème du bac standardisé
auquel, paraît-il, personne n'a encore vraiment réfléchi. Tant
que les réponses qu'on attend des candidats restent « fermées »
- et les trois points accordés aux surprises n'y changent rien -
et surtout tellement banales, il est pratiquement impossible aux
élèves brillants d'arriver à une très bonne note. Disons tout de suite
que les « bas de gamme » auront aussi des difficultés d'avoir la
note qu'ils méritent.
Autrement dit, le standards auront l'effet d'avantager la médiocrité.

avw
A.V. et moi aimons bien ton texte, ce brave Molière doit frétiller d'aise
dans sa tombe !
D.E.
Es ist das Gleiche in Dänemark und an den Universitäten. Wenn alles 
standardisiert werden soll, wird auch das Niveau standardisiert - auf 
einem verhältnismäßig niedrigen Nenner. Das aber im Namen der 
Qualitätssicherung. Tatsächlich läuft man in die Falle der 
Planökonomie: alles wird reguliert; es zeigt sich bald, dass der 
gewünschte Erfolg nicht eintritt; so muss neu reguliert werden: eine 
Reform zieht die andere nach sich ("Es ist der Fluch der bösen Tat, 
dass sie fortzeugend Böses muss gebären".) Die Bildungsanstalten tun,  was sie sollen, produzieren, was verlangt wird, aber das ist nicht, 
was wirklich gebraucht würde. Einmal ganz abgesehen von der 
brummenden Produktion Potemkinscher Dörfer.

Wolf
Soeben habe ich meine Grundkursklausuren bepunktet, korrigieren
kann man dazu ja nicht mehr sagen, ein begründeter Kommentar ist
nicht erforderlich, also wohl auch nicht erwünscht. Ich möchte nicht der
Ko-Korrektor sein, der sich jetzt den Kopf zerbricht, warum ich wohl dort 3 von 5, und da 4 von 6 Punkten vergeben habe ...
Und dann stöbere ich noch eben mal auf Ihrer Heimseite und finde Ihre
Kommentare zu den vier Themen, die mir so aus dem Herzen sprechen, ich weiß gar nicht, wie ich es sagen soll !
Meine fünf Schülerinnen haben alle den Interview-Text genommen und
standen natürlich vor dem Problem, wie man zu drei Aufgaben immer
dasselbe sagt, ohne dass es der Leser bemerkt, um dann beim
Vergleich mit „Nadia“ dasselbe noch mal anders zu sagen. Eine
lächerliche Aufgabenstellung ! Und bei der „Bepunktung“: Die
angemessene Textsorte berücksichtigen – ja wie denn nicht ? Gut, wenn die Schüler den Leser duzen würden, dann hätten sie wohl einen Fehler gemacht ... Und ob sie Interpretationswortschatz bei einer Aufgabe richtig anwenden, die ihnen gar keine Interpretation abverlangt, bleibt ein großes Rätsel. Aber Punkte vergeben, muss ich wohl dafür. Da wird die Bequemlichkeit auf die Spitze getrieben, indem man einfach für die „Darstellungsleistung“ für alle Klausuren dieselben Kriterien und Punktzahlen vorgibt – wird schon passen !
Danke für Ihr Engagement. Es tut richtig gut, Ihre Ausführungen zu lesen.
WW.

L'heure des profiteurs

N'est-ce pas merveilleux que justement pour le bac central paraissent des livres qui promettent au professeur de faire cours comme il faut pour bien préparer ses élèves ? Parfois ils portent le même titre que le point correspondant du programme prescrit. N'est-il pas miraculeux que l'auteur d'un tel livre soit exactement la même personne qui a posé des questions lors du bac 2007 ? N'est-ce pas un bonheur mirobolant que la personne responsable de cette édition soit en même temps un fonctionnaire haut placé qui doit surveiller les professeurs de français ?

Il est difficile de croire à un hasard -- la même chose est arrivée en espagnol (d'ailleurs, dans la même maison d'édition) ...

avw



Bis jetzt hat sich NRW weder in den Musterprüfungen noch im diesjährigen Durchgang durch besonders tolle Prüfungen hervorgetan. Die Kritik auf Ihrer Seite trifft m.E. ins Schwarze, leider  

U.K.
.
J'ai lu votre article "Au pays de la platitude" avec beaucoup d'intérêt, même si je ne connais pas les oeuvres que vous mentionnez (de Molière, de Ben Jelloun...) en détail.
Comme j'ai fini ma scolarité dans le Mecklembourg-Poméranie Occidentale, où le bac central existe depuis 1990/91, je trouvais quelques uns de vos arguments très ardents et même tristes pour les élèves et les profs, de temps en temps. Mes matières principales étaient les maths et la physique, mais j'ai aussi passé un examen de cours de base de francais. Tout cela s'est bien passé, vraiment. Les profs nous avaient bien préparés avant les examens. Ce n'est qu'en janvier 2007 que nous nous sommes presque complètement ocupés des examens durant les cours des courses renforcés. Les examens ont commencé en mai 2007- pas mal de temps qui nous est resté pour se préparer au fond.
Ce que je ne veux pas nier, c'est le fait qu'il faut travailler d'une facon exacte et complète pour qu'on puisse passer les examens du bac. Mais si les examens des matières socio-littéraires exigent seulement des compétences assez élèmentaires, il ne vaut donc pas la peine de préparer les élèves durant des longues heures du cours? On peut enseigner comme on l'a toujours fait, et les examens, chacum va comprendre les tâches et pourra correspondre à leurs horizons d'attente sans aucun effort atroce. C'est donc le défi du bac- donner à penser aux gens qui "ne sont peut-être pas à la hauteur de leur tâche". Comme vous l'avez, je le crois au moins, dit, on est en train de banaliser le bac (les examens seulement, ce n'en est que d'une petite partie!), de rendre ridicules les tâches. Tant pis pour les élèves, dirais- je.
Au fait, je suis très heureux d'avoir lu l'article- c'était rafraîchissant.
Wilhelm Braun.
A gauche, le sentiment d'un ancien élève des «nouveaux Länder» qui a passé son bac en 2007. J'ai fait sa connaissance lors d'un Tournoi des Langues auquel il a participé.
avw



gustave

« Baccalauréat. Tonner contre. »

Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues

La bêtise a changé de camp, Gustave !

Unerwarteter Zuspruch

» Das Schulsystem funktioniert einfach nicht. [...] Bei uns erleichtert man einfach den Lernstoff, um noch gute Noten vergeben zu können. Genauso kann man einem schwachen Stabhochspringer versprechen, auf jeden Fall über die Latte zu kommen - indem man sie auf Kniehöhe hängt. «

Dieter Hildebrandt, Der Spiegel 52 (2007), S. 159

So ist es, siehe oben. Wo Hildebrandt Recht hat, hat er Recht. Und doch muss man sagen, dass es sich bei der Pauperisierung der Schule durch deren Industrialisierung nicht um einen deutschen Spezialfall handelt. Überall in Europa werden wir ein zweigeteiltes Bildungssystem bekommen : Geringe bis mittlere Qualifikation durch öffentliche Schulen und Universitäten, wer mehr will, wird zahlen müssen.

La suite des événements: le baccalauréat de 2008. Lisez « Supplément au bac rhénan ».

pp