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J'ai adhéré à ATTAC (Hélène Gozard)


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FAUT-IL AVOIR PEUR DE LA MONDIALISATION ?

«Je suis fier d'être Allemand» nous assure le chef de file du parti chrétien-démocrate au Bundestag. On ne doit pas absolument lire une telle phrase dans le contexte d'un renouveau de l'extrême droite en Allemagne. Mis à part l'étonnant manque d'ambition de Friedrich Merz, sa prétendue fierté trahit une inquiétude réelle partagée de plus d'un Européen. En effet, la mondialisation avec ses répercussions sur un nombre important de domaines est souvent ressentie comme menace et crée parfois des attitudes ridicules, voire dangereuses, qui cherchent le salut dans les recettes de jadis.

 Ceci est une invitation. Envoyez-nous vos idées sur la mondialisation en cours. Essayons d'ouvrir une discussion loin des palabres d'une politique à la recherche du succès aux prochaines élections.
 
 

J'AI ADHÉRÉ A ATTAC
 

Hélène Gozard

La mondialisation ou la globalisation de l'économie, nous y sommes, ce n'est pas la peine de le contester. Enfin nous, les pays riches, car les peuples qui crèvent de faim et n'ont aucun droit à l'information, à la parole et aux plus élémentaires droits civiques en sont encore bien loin. Mais pour les décideurs de l'économie mondiale, ils ne pèsent pas bien lourd.

Je ne suis qu'une simple citoyenne lambda mais il me semble que le pouvoir des multinationales (plus puissantes que nos gouvernements, car agissant dans l'ombre et ne représentant que leurs actionnaires) ce pouvoir non démocratique de l'argent et du profit immédiat a besoin d'un contre-pouvoir au niveau mondial. C'est pourquoi j'ai adhéré comme des millions d'autres à ATTAC, mouvement international créé en 1997 et dont l'objectif est de rendre le pouvoir aux citoyens en exigeant de nos gouvernements une taxe Tobin sur les mouvements spéculatifs boursiers, la suppression des paradis fiscaux et l'annulation de la dette du Tiers-monde.

Hier le temps était clément; je me suis décidée en effet au dernier moment à aller manifester avec les militants d'Attac à la frontière andorranne contre les Paradis fiscaux. Il y avait une manifestation plus importante à St Malo et à Jersey (en mer) mais en Andorre nous étions environ 150 des Pyrénées, de Béziers, de Montpellier, Limoges, Nîmes, Pays basque. C'était très bon enfant et nous nous sommes bien amusés. Nous avons ralenti le flot ininterrompu des voitures qui montent en Andorre pour acheter alcool, cigarettes et Hi-Fi juste avant les douanes. Certains étaient déguisés en juges impuissants, d'autres en financiers, d'autres en abris fiscaux et le plus drôle a été le passage de main en main entre les voitures de vieilles valises blanchies au blanc d'espagne (l'argent sale à blanchir) et de la construction d'un mur d'argent en boîtes de cartons juste sur la frontière.



 

J'ai aussi un moment joué à la lavandière avec une vieille lessiveuse bourrée de billets de 500 F photocopiés et nous avons scandé: «Non, non, non, aux paradis fiscaux, du Pas de la case à Monoco.» en jetant des billets de Monopoly dans les voitures des automobilistes qui pour la plupart ont pris ça avec humour. Le moins drôle c'était les ganz d'échappement...

Ensuite nous nous sommes réunis plus bas dans la vallée et avons écrit une lettre à Chirac, co-prince d'Andorre. Une délégation d'Attac-Arriège avait été reçue la veille par le gouvernement andorran.
 

La délégation formée de quatre membres d'ATTAC a été reçue par le Président du gouvernement andorran Marc FORNE, son ministre des affaires étrangères et son chef de cabinet.
M. FORNE apparaît tout au long de l'entretien comme un politicien volubile, plaidant avec conviction la cause de l'Andorre, petit pays qui aurait un potentiel bancaire «peu signifiant» et «non agressif», à la différence d'autres micro-états, ou même de «grands états».
Dans un premier temps il se défend d'être à la tête d'un Paradis fiscal: la justice de son pays collabore avec les pays étrangers dans la lutte contre la criminalité financière; le personnel dans les banques andorranes reçoit une formation à cet effet.
Reprenant l'ensemble des critères qui définissent un paradis fiscal, la délégation ATTAC amène M. FORNE à reconnaître que certains d'entre eux correspondent bien au cas de l'Andorre:
- Pas d'impôt direct: seules les banques apportent une «contribution volontaire» au budget de l'état; l'imposition de l'épargne, telle que la préconise la Communeauté Européenne, sous la forme même très édulcorée négociée à Nice, n'est pas souhaitée par ce gouvernement. La fiscalité des entreprises sera évitée «autant que nous le pourrons»
- Secret banquaire très protégé, inscrit d'ailleurs dans la constitution
- Possibilité d'évasion fiscale pour les non-résidents: cela concerne surtout, d'après les autorités andorranes, les ressortissants espagnols. [...]
L'impression générale de notre délégation est que les paroles entendues plaident en faveur du développement de l'Andorre dans le sens d'un libéralisme économique accru, ce qui atténue grandement, à nos yeux, les sentiments exprimés au début de l'entretien.


Puis nous avons vu une vidéo sur l'explosion des paradis fiscaux (de 5 à 50 % en 10 ans) avec le discours très clair du juge van Ruybecke devant le Parlement Européen. Tout ça gangrène l'économie mondiale d'une façon effrayante et nos petites gesticulations feraient bien rire ces messieurs, s'ils avaient seulement connaissance. Enfin, comme m'a dit ma copine Hélène pour me remonter le moral, la Révolution française aussi a commencé avec une poignée d'individus. Ouais...

Informations:

Attac

Attac Allemagne